L’histoire de Notre-Dame-de-Grâce à Anderlecht

Il était une fois dans le Haut Moyen Âge une époque (14e siècle) où le Duc de Brabant avait 2 filles : Jeanne l’ainée, mariée à Wenseslass, Duc de Luxembourg et Marie, sa cadette. Voulant marier celle-ci, il fit savoir que la dote serait la bonne ville de Malines.

Le comte de Flandre apprenant cela, selle son meilleur cheval et vient prestement demander la main de Marie. Le Duc accepte et le mariage est scellé. Quelques temps après, le comte rappelle sa promesse au Duc, mais rien ne vient. Entre-temps, notre Duc meurt et sa fille Jeanne prend sa place. Notre comte de Flandre revient à la charge, mais ne reçoit que des promesses.

Las d’attendre, le comte, un jour, prend quelques cavaliers armés et se dirige vers Malines. Il arrive à la ville et trouve la porte du rempart ouverte et sans garde. La troupe traverse tout Malines et ressort par une autre poterne toujours non gardée. Le comte se dit que si les villes Brabançonnes sont si mal gardées, il pourrait marcher directement sur Bruxelles. Il retourne à Bruges, forme une puissante armée et se dirige sur Bruxelles.

Mis au courant par la rumeur publique de l’avance des troupes ennemies, Jeanne et Wenseslass, prétextant une visite se retirent au Luxembourg. Les Bruxellois, furieux de se voir abandonnés, forment à la hâte une armée pour défendre leur ville (17 août 1356). Le comte de Flandre venant par la chaussée de Ninove, les Bruxellois partent à sa rencontre. Le comte étant homme de guerre avait placé ses troupes sur les hauteurs, ce qui défavorisera nos Bruxellois qui durent escalader une terrible côte avant de se battre.

La rencontre des deux armées se fit au lieu-dit actuellement du Scheutveld. La bataille fut terrible. Pour la première fois, les Bruxellois utilisèrent des arbalètes. Un petit ruisseau fut même obstrué par les cadavres des hommes et des chevaux. Encore aujourd’hui, la terre sablonneuse rend tibias et crânes. Les Bruxellois battus virent s’installer dans leur bonne ville le comte de Flandre et ses soldats victorieux.

Quelques temps plus tard, le conseil Bruxellois et ses échevins décidèrent de chasser le comte par une attaque de nuit, qui se fit par la rue qui porte son nom aujourd’hui, rue d’Assaut. Le comte chassé, Jeanne et Wenseslass reviennent à Bruxelles.

Le temps passe et là où la bataille a eu lieu pousse une herbe verte et abondante. Un paysan, trouvant l’endroit agréable, vient y faire paître ses moutons. Regardant Bruxelles dans le bas, il se dit que les gens qui passent par là pour aller à Ninove ont bien du mal. Il plante des arbres pour faire de l’ombre aux voyageurs, et met également trois bancs, pour qu’ils se reposent. Et comme il y a dans sa grange une petite statue de la Vierge, il l’accroche à l’arbre du milieu. Les voyageurs passent, se reposent, et commencent à prier.

La réputation de la petite vierge grandit, de petits miracles se produisent, les gens viennent y demander secours et assistance. Naturellement, celui qui n’a qu’une jambe ne revient pas avec une deuxième, mais elle se sent mieux. Les gens déposent même de l’argent. Notre petit paysan Pieter Van Assche achète des planches et construit une petite chapelle pour protéger la statue de la Vierge dans l’arbre. Les gens viennent de plus en plus nombreux et reconnaissent la Vierge comme étant Notre-Dame-de-Grâce. L’argent venant, on construit d’abord une chapelle en bois au pied de l’arbre.

Ensuite, notre petit paysan fait venir un échevin de Bruxelles qui, étant agréablement surpris, décide de faire venir un ordre religieux pour construire une chapelle en pierre, finement décorée. Ce sont les Chartreux. Ils construiront un couvent et une église. Hélas, la période des Iconoclastes viendra tout saccager (en 1579). Heureusement, la Vierge avait été cachée.

Les Iconoclastes partis, l’Empereur Francis II d’Autriche chasse 50 ordres religieux de ses terres. Les Chartreux sont du nombre.

Une dame, ch. De Maeseneer, cachera à nouveau la statue de la Vierge tant que les temps troubles passent. Ensuite, elle ira porter celle-ci à notre collégiale Saint-Pierre et Guidon à Anderlecht. La Vierge se trouve dans la chapelle qui accueillit tour à tour le Sacré-cœur, Saint-Guidon et ensuite notre petite Vierge, nichée dans une sculpture d’arbre.

Une procession fastueuse se déroula à Anderlecht en 1949, sous les hauts hospices de l’Archevêché de Malines pour fêter les 500 ans de la Vierge (1449-1949).